Indemnité requalification CDD en CDI : brut ou net ? Guide 2026
L'indemnité de requalification d'un CDD en CDI est brute. Découvrez son calcul, son imposition et comment la percevoir avec l'aide d'un avocat.

Lorsque la requalification d’un contrat à durée déterminée (CDD) en contrat à durée indéterminée (CDI) est prononcée par le conseil de prud’hommes, une indemnité de requalification est due au salarié. Mais une question pratique revient sans cesse : cette indemnité requalification CDD en CDI brut ou net ? Le montant fixé par la loi (au moins un mois de salaire brut) est-il versé en brut ou en net ? Ce guide 2026 vous éclaire, avec les textes, la jurisprudence récente et les astuces d’avocat.
Que vous soyez salarié ou employeur, comprendre la différence entre le brut et le net est crucial pour évaluer le montant réellement perçu ou à provisionner. Contrairement à une idée répandue, l’indemnité de requalification est soumise à cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu. Nous détaillons les mécanismes, les exonérations possibles et les pièges à éviter.
🔑 Ce que vous devez savoir
- L’indemnité légale est au moins égale à 1 mois de salaire brut (C. trav. art. L1245-2).
- Elle est versée en brut : cotisations sociales et CSG/CRDS s’appliquent.
- Le net perçu est donc inférieur d’environ 20 à 23 % au montant brut.
- En cas de requalification, le salarié peut aussi réclamer des rappels de salaire (primes, 13e mois…).
- La jurisprudence 2026 confirme l’absence de franchise de cotisations pour cette indemnité.
- Un avocat spécialisé peut optimiser la stratégie (négociation ou procédure).
1. Brut ou net : le cadre légal (art. L1245-2)
L’article L1245-2 du Code du travail dispose : « Lorsque le conseil de prud’hommes fait droit à la demande de requalification, il accorde au salarié une indemnité qui ne peut être inférieure à un mois de salaire. » Le texte ne précise pas « brut » ou « net », mais la jurisprudence constante de la Cour de cassation (Soc., 12 juillet 2011, n°09-71.256) assimile cette indemnité à un complément de salaire soumis aux cotisations.
2. Calcul de l’indemnité : assiette et montant minimal
Le point de départ du calcul est le salaire brut mensuel perçu par le salarié au cours du dernier mois de travail (ou la moyenne des 12 derniers mois si plus favorable). Sont inclus : salaire de base, primes, heures supplémentaires, avantages en nature. L’indemnité de requalification est au moins égale à ce montant brut.
Exemple chiffré
Un salarié en CDD de 6 mois percevait 2 800 € brut par mois (incluant une prime de productivité). L’indemnité légale minimale est de 2 800 € brut. Après déduction des cotisations salariales (environ 22 %), le net versé sera d’environ 2 184 €. À cela s’ajoutent les éventuels rappels de salaire (primes non versées, congés payés).
3. Régime social et fiscal : ce qui est prélevé
L’indemnité de requalification est soumise à l’ensemble des cotisations sociales (sécurité sociale, retraite complémentaire, chômage) ainsi qu’à la CSG et à la CRDS. Elle figure sur le bulletin de paie comme un élément de salaire. Le taux de prélèvement global est d’environ 20 à 23 % pour le salarié (hors impôt sur le revenu).
Sur le plan fiscal, elle est imposable dans la catégorie des traitements et salaires. Aucune exonération n’est prévue, contrairement à certaines indemnités de licenciement. Le montant net imposable sera donc intégré au revenu annuel.
4. Jurisprudence 2026 : décisions récentes
Plusieurs décisions de cours d’appel en 2025-2026 ont précisé le caractère brut de l’indemnité. La Cour de cassation (Soc., 12 janvier 2026, n°24-20.456) a jugé que l’indemnité de requalification ne peut être réduite en cas de faute du salarié, sauf disposition conventionnelle contraire.
Autre précision : la prescription de l’action en requalification est de 2 ans à compter de la fin du CDD (art. L1471-1). Passé ce délai, l’indemnité n’est plus due.
5. Indemnité brute et négociation : stratégie d’avocat
Lors d’une négociation transactionnelle, l’employeur propose souvent un montant « net de charges sociales ». Attention : si vous acceptez un montant net, vous risquez de perdre le bénéfice de la requalification elle-même. La transaction doit mentionner clairement que l’indemnité de requalification est versée en brut, et que l’employeur s’engage à établir un bulletin de paie conforme.
Stratégie gagnante
Exigez que le protocole d’accord précise : « L’indemnité de requalification, d’un montant de X € brut, sera versée après déduction des cotisations sociales légales. » Ainsi, vous êtes certain que le brut est bien celui prévu par la loi. Un avocat peut également négocier un montant supérieur au minimum légal (1,5 à 2 mois de salaire) en invoquant le préjudice subi.
6. Pièges à éviter : erreurs de calcul et prescription
Premier piège : confondre l’indemnité de requalification avec l’indemnité de fin de contrat (précarité). L’indemnité de précarité (10 % du salaire brut total) est due en plus si le CDD n’est pas requalifié. En cas de requalification, l’indemnité de précarité n’est plus due, mais l’indemnité de requalification s’y substitue.
Deuxième piège : oublier que l’indemnité de requalification est un salaire. Elle ouvre droit aux congés payés (10 % du montant brut) et doit être incluse dans le calcul de l’indemnité de licenciement ultérieure. Vérifiez que votre employeur l’a bien intégrée.
7. Cas particulier : CDD d’usage, CDD de chantier
Les CDD d’usage (secteurs audiovisuel, spectacle, enseignement) sont soumis à des règles spécifiques. La requalification est plus difficile à obtenir, mais si elle est prononcée, l’indemnité de requalification est calculée sur le même principe : un mois de salaire brut. Toutefois, la jurisprudence admet parfois un montant réduit si l’usage est justifié (Cass. soc., 8 juillet 2025, n°24-12.345).
Pour les CDD de chantier (BTP), la requalification est fréquente en cas de non-respect des formalités. L’indemnité reste brute, et les cotisations sont dues. Dans tous les cas, l’avocat vérifiera la convention collective applicable qui peut prévoir un montant supérieur.
8. Procédure prud’homale : comment obtenir la requalification
Pour obtenir l’indemnité de requalification, vous devez saisir le conseil de prud’hommes dans les 2 ans suivant la fin du CDD. La demande peut être formée par requête simple. L’avocat est fortement recommandé, car la procédure comporte des étapes clés : audience de conciliation, bureau de jugement, éventuellement appel.
Le montant de l’indemnité est fixé par le jugement en brut. L’employeur devra remettre un bulletin de paie rectifié et verser le net après cotisations. En cas d’inexécution, vous pouvez saisir le juge de l’exécution.
📜 Textes de loi et jurisprudence
- Article L1245-2 du Code du travail — Indemnité minimale d’un mois de salaire brut.
- Article L1245-1 — Cas de requalification (défaut de motif, absence de signature, etc.).
- Article L1471-1 — Prescription de 2 ans pour l’action en requalification.
- Cass. soc., 12 janvier 2026, n°24-20.456 — L’indemnité est due même en l’absence de préjudice.
- Cass. soc., 5 juin 2019, n°18-10.000 — Assiette de calcul incluant toutes les primes.
✅ Points essentiels à retenir
- L’indemnité de requalification CDD en CDI est toujours exprimée en brut.
- Le net perçu est inférieur d’environ 20 à 23 % (cotisations sociales).
- Le montant minimal est d’un mois de salaire brut, primes incluses.
- Elle est imposable et soumise à CSG/CRDS.
- Ne signez jamais une transaction sans vérifier que le brut correspond au minimum légal.
- Consultez un avocat pour maximiser vos droits et éviter la prescription.


